grincement

Leila Alaouf

mardi 26 juillet 2011

Ode à la Liberté

Aucun commentaire :
Marche du désert au fin fond de l'océan,
Rose déchue d'épines, qu'on pensait inutiles,

Silence qu'on pensait d'or et de lumière,
Se révèle de sang et de chair,

Vie qu'on voyait si frêle mais douce,
Patience qu'on croyait héroïque,

Mélodie me basculant et me cassant,
Tu ravives en moi les douleurs refoulées

Au milieu de ce poème une tendresse imprévue,
Tu brises le rythme douloureux de mes doigts,

L'encre devient verte, rouge, soleil, lune,
Parfumée, blessante, douce, et si proche,

Tu m'entraines à la place du vent,
Tu t'imposes mais je refuse ton égarement,

Chance qu'on pensait fatale et cruelle,
Je redécouvre les règles du jeu,


Certaines jalousies sont saines,
La tienne est effrayante ou enivrante,

Tu veux t'imposer malgré les bêtes,
Tu émerges de l'eau.

Je hais tous ceux qui t'aiment par leurs lèvres,
Je hais tous ceux qui t'aiment en sommeil.

Un joueur de oud un jour a dit,
Que les moments de silence embellissaient les notes.

Est-ce le silence de l'oppression qui nous a fait briller ?
Est-ce la beauté du cri muet qui nous a réveillés?

Une corde peut tuer et l'autre faire vibrer,
Toutes les deux sont toujours fermement attachées

Peut-être la terre avait-elle eu besoin de cette sécheresse,
Pour remarquer l'absence du précieux transparent.

Je t'apprécie, je t'apprécie, je me tue à t'apprécier,
Ton appréciation me tue, et je me rends fou

On ne demande pas au jasmin de s'embellir,
Son orgueil ne saurait l'apprécier,
Il sait ce qu'il vaut, il sait sa magnificence,

On ne dit pas à l’éveil de souffler,
On l'accueille à bras ouverts, on l'enlace,

On ne contrôle pas la braise qui brûle, qui brûle,
Ni la braise ne nous contrôle, ô palpitation.

On pensait un volcan mort, il s'est avéré endormi,
Il pensait être trop vieux et failli croire en leurs mensonges,
Croyant sa propre mort et l'encrant dans son esprit,

Les terres du volcan sont fertiles, qu'il soit éveillé ou non,
Ses fleurs s'épanouissent lors de son sommeil,
Pour mieux être brûlé à son éveil.

J'aime à t'imaginer, à te rêver,
J'aime à t'effleurer à te prononcer,

J'aime à te contempler
J'aime à te pleurer,

Et ils t'aiment à tel point qu'ils t'ont oublié,
Oublier que tu es, oublier que nous sommes.

Ils désirent ta peau pour mieux t'approcher,
Ils désirent ton sang pour mieux te garder,
Ils désirent tes os pour se consolider,

Ils veulent ta mort pour mieux t'apprécier,
La fleur ne fane et s'épanouit.

Chaque mot me rapproche de toi, de ton étreinte,
Chaque mot me torture, et je commence à douter,

Je t'aime pour les mêmes raisons que je les hais,
Pour les mêmes raisons, je leur souhaite une lente descente,
Une lente, lente, lente, lente.

Je leur souhaite de t'apprécier vivante,
De même que tu les hais vivants, hais hypocrites.

Je hais tous ceux qui t'aiment en silence.


Leila Alaouf

Offrande

Aucun commentaire :
Nous avions peur d'en arriver,
Nous nous sommes donc abstenus,


Abstenus de compter les pierres,
Abstenus de compter les larmes,


Et l'étreinte a préféré se faire cassante,
L'imagination se développe avec la soif,
La soif se déguste,


Plus les sentiments se retournent,
Et plus la paresse se confirme,


Je ne les pleure plus,
Je pleure ma paresse,
En oubliant de les pleurer,

Fracassante envie de se noyer,
Dans les couleurs de la droiture,


Le noir et le blanc sont si violents..
Ils entourent et nous entourent,


J'aimerai que l'aveugle m'explique,
Comment conçoit-il le noir et le blanc?


Et j'aimerai par le son que j'entend,
Que tu m'explique Hama, leur absence,


Dentelle si précieusement travaillée,
Par des mains meutries tu t'embellies,


Des corps ensanglentés par ton amour,
Dont les âmes si doucement habitent tes quartiers,


Par des sourires défunts te remercient,
D'accepter les larmes offertes,


Emballées d'un tissus de lumière,
Tenues par des mains squeletiques,


Il te prient de rester.


Acceptes avec générosité,
Comme un homme ne peut refuser l'eau,
Comme un poumon ne peu refuser l'air,


L'air entre sans prévenir,
Tu ne peux les refuser,


Acceptes les et acceptes ta beauté,
Car tu ne peux t'en défaire.



Leila Alaouf

Boîte

Aucun commentaire :
Vicieux accord et désaccord,
Touches de ta pointe l'abîme,
Et de tes légères plumes le gouffre,


Tourbillonnant dans un élan de noirceur,
La question n'est plus pourquoi,
Mais comment répondre à pourquoi,


Chaque minute devient funéraire,
Et chaque instant mélodieux devient un enfer,


Peut-être mes mots n'ont de sens,
Qu'à l'instant où je les écris,


Mais telle une confession m’apaise,
La culpabilité ne nécessite pas l'erreur,
Ni l'erreur une cause.


Pourquoi cette chose existe t-elle?
Pourquoi ce coffre sanglant nous est imposé?
Et pourquoi par sa petitesse,
Est plus douloureux q'un corps de veines et de sang?


A chaque espoir une illusion,
Peut-être l'utopie,


Ne vit-on que de cela,
Afin de mieux s'écorcher devant la vérité,


Ne vit-on que de poison,
L'imposteur Oubli comme la lumière s'en va,
Et fait place au véridique amer...
Qui lentement dure.


La modestie est notre défaut,
Se cacher pour ne pas se faire trouver,
Pour ne pas se trouver,


Se cacher pour ne pas se révéler,
L’orgueil est pénible en pratique.


La modestie est l’égoïsme,
L’égoïsme de ne pas partager,
De ne souffrir de jalousie,


Se reconnait-on dans la pluie maussade,
Ou dans le soleil apparent,
Ou dans le soleil trompeur,


La pluie,
Ou les gouttes qui une fois touchent le sol,
S'écrasent dans la dure réalité,


La goutte s'écrase,
Et la terre revit,


Étrange pacte ou compromis,
Qui tue l'un et fait renaître l'autre.


Nous ne sommes pas maître de notre oubli,
Ni hélas maître de nos souvenirs,


Nous attendons la pitié du futur
Et probablement celle du passé.


Leila Alaouf