grincement

Leila Alaouf

vendredi 28 octobre 2011

inspirations martinoises

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Ah, sommeil dans le soir érant,
Comme le plus heureux des mendiants,
Tu ne touches personne par tes airs,
Seulement d'un sourire moqueur,
Tu éveils chaque ruine enfouis dans les coeurs,
Mais jamais personne ne t'a tendu son verre.

Car comme l'anarchie abîme,
La plus umble des âmes timidement s'exprime,
Tu sais que la bonté n'est pas grandement suffisante,
Pour sacrifier l'honneur d'un orgueil cultivé,
Bien souvent blotti dans les fausses pitiés,
jamais la misère un jour ne les hante.

Dame de Pique

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Certaines demandes sont voilées,
D'autres juste cachées.

Ma peau n'est plus blanche,
Et mes doigts n'ont plus l'audace d'être frêles.

J'ai en moi des douceurs que je ne connais,
J'ai en moi ce déni d'innocence.

Il est faux de ne regarder que l'opaque,
Et faux de ne se fier qu'au bois,
Dur et sec,
Sans caresser la sève qui coule,
généreuse.

Ces horizons sont emplis de haine.

Nous avons trop nagé dans l'océan,
Et nous sommes noyés dans le lac.
Celui de la beauté.

Se croyant Maître sensible,
Négligeant la délicatesse;
Oui, tout est brutal,
Tout n'est qu'amer.

La fragile est bafouée,
Dans les débris du cinglés.

Les songes sont sortis,
Avec nos cils, sont rabattus.
Nos coups sont offerts.

Je ne trouve plus Lamartine dans les yeux de ces brutes.
Je ne trouve plus Baudelaire dans le coeur de ces brutes.
je ne retrouve plus des étoiles,
Sur mon visage maussade.

Seulement la rancœur,
Se dissipe au cours des mots,
Qui sur un tissu de regrets,
Vole jusqu'à mes mains.




Leila Alaouf

samedi 22 octobre 2011

Le soleil se lèvera

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Le soleil se lèvera,
A l'aube des misères,
A l'aube des pertes,
L'aube du paysage détruit,


Quand le vent aura tout emporté avec lui,
Que le souffle de l'indifférence,
Aussi violent qu'un mot solitaire,
Aura tout rasé sur son passage,
Après que le souffle de la solitude,
Aura tout emporté dans nos quartiers,


Juste là où la douleur sera empreinte de nous,
De nos êtres,
De nos amants,
De nos frères,
Peut-être de nos mères.


Quand le prix sera suffisamment lourd.


Quand le destin aura estimé suffisants,
Nos larmes,
Nos plaintes,
Notre rapport charnel avec la soif,
Oui, charnel avec la soif,
La soif de tout,


Le soleil se lèvera.


Quand nous vieillirons jeunes,
Et quand nous ne connaîtrons la vieillesse,
Alors peut-être, le soleil se lèvera.
Quand le ciel aura assez souffert pour la terre,
Et qu'elle ne lui en sera pas reconnaissante.
Quand on aura assez rie,
A ce moment ils auront assez perdu la vie,


Alors, surement, le soleil se lèvera.


Quand l'image de nous se reflétera sur eux,
Quand on se verra dans un chêne,
Quand on se verra dans l'ardoise,
Dans le jasmin,
Ou dans la terre,


Mais aussi, quand tu te verras dans la crasse,
Quand tu te verras dans la guerre,
Dans la boue,
Quand ton reflet apparaîtra sur le front d'un millier d'orphelins,
Quand tu regarderas, et tu sauras que c'est toi.


Le soleil se couchera,
Mais nous le lèverons,
Par les ficelles de l'espoir,
Flottera entre les nuages par nos larmes,
Et étincellera par leurs visages
Et vos visages resteront ternis,
Par la lâcheté de vos âmes,
Non, pas celle de vos corps,
Ternis par celle de vos âmes,
Je ne vous oublie pas.


Ils arracheront le soleil d'un coffre noir,
Ils allongeront le soleil sur un lit de plumes, serein.
De ces plumes la, ils en feront des ailes pour le soleil,
Et le soleil se lèvera,
Délicatement,
amoureusement,
Il se lèvera avec sur ses ailes,
Tous les dos redressés,
Et toutes les défuntes âmes, plus brillantes que jamais,
Et leurs doux visages, défigurés mais si doux.


Ils recoudront le soleil,
Et nous leur tendrons l'aigue,
Ils attacheront au soleil,
Leurs sourires,
Mais aussi,
Le sacrifice d'une vie qu'ils n'ont pas choisi,
Le sacrifice, qu'ils ne comptaient pas donner,
Qu'ils ont offert bon-gré, malgré,
Mais ils l'ont fait.


Le soleil se lèvera parce qu'il en est ainsi,
Le soleil se lèvera car il ne peut se coucher sans apparaître,
Sans réapparaître,
Se lèvera pour se relever,
Se lèvera,
Ils sauront qu'ils se lèvera,
Ils sauront qu'il ne brûle pas.

Leila Alaouf

Effervescence

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Rouge comme on en voit peu,
Reflète tes couleurs inchangées,
Le bonheur intact malgré les années,
Les senteurs féroces entre tes veines,
Si délicieusement confectionnées,

Peuvent-ils vivre et ton rouge se brûle?
Peuvent-ils vivre et tes pétales pleurent?
Et tes quartiers se brisent,
Sourire sachant tes épines défiées?
Fantasmer tes moments inconscients,
Perdus entre le néant et le passé,
Tout cela a t-il vraiment existé?


T-ai-je vraiment adoré sans l'ombre d'un doute?
Comme un piège je me suis ennivrée,
Inconsciemment,
J'ai peint chacun de tes parfums et chacune de tes chaleurs,
J'ose parfois te rêver dans la joie,
Et je m'oblige à t'effacer,
Rose dans ma pensée
Damas dans mes soupirs.

Plus douleureux que la rupture,
Le retour après l'espoir.

Blanc et pure et séducteur,
Blanc et doux et sombre,
Près d'une mosquée ou d'un vieux bâtiment,
Offrant la mélodie de mon enfance,
Offrant à notre amour une légitimité,
J'ai fui mon destin pour pouvoir le rechoisir,

J'aime tout ce qui t'effleure,
Tout ce que tu imprègnes si facilement,
Quel orgeuil tu portes.
Une lointaine prière de l'aube,
Un silence parfumé,
Cachés entre les recoins de ma mosaique,
Tu déteins sur ma mélancolie.

Tes nuits me font me hair,
Ton extraordinarité me vulnérabilise,
Me descend, et me casse.
Jasmin ou du moins ce qui ressemble.

Leila Alaouf