Leila Alaouf

jeudi 24 novembre 2011

Vanité

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Je jouerai sur les mots pour vous broyer,
Une goutte glacée suivie d'une brûlante.

Je jouerai sur les mots pour vous souffler,
Petite âme inodore et lassée,
Les parfums sont pour vous une atteinte.

De mes plus beaux habits je me vêts,
Pour mettre en valeur votre laideur infinie.

Si vous pensez que d'une mer à l'autre vous échaperez,
Ayez garde à ce que votre nouveau refuge,
Un jour ne vous engloutisse.

Je ne crains pour vous la noirceur inconnue,
Je ne crains pour vous l'égarement.

J'ai rencontré hier un corbeau,
Qui d'une pertinence m'a fait entendre,
Votre demain sera de papier.

ô! Je crains pour vous mon orgueil,
Que ne reste trop en mon sein.

Que savez-vous de mon jeu de mots?
Imaginez-vous que d'un échange de syllabes,
Je puisse vous intimider?

Je mets ma robe des grands soirs,
Aujourd'hui, pour vous annoncer,
La douceur a une force.

Ne pensez pas le mutisme victoire,
Car c'est là que nait la merci.

Ne pensez pas l'éffeuillement redoublé,
Si de votre vie vous n'avez pu y goûter.

Car oui, mes bras sont encore assez forts,
Pour délicatement vous transpercer.

Je suis femme, à votre désespoir,
Je suis digne, à votre grande lâcheté.

Ne daignez pas vous agiter,
Telle une mouche enfermée.
Je vous ouvrirai la fenêtre, je vous ouvrirai la fenêtre,
Une fois ma gourmandise satisfaite.

Restez donc, restez donc,
Que je vous révèle de bonne intention,
Votre portrait à mes yeux lumineux.

J'ai peur pour vous, mon petit,
D'une grave fatalité.

Demain, vous-même reveillé,
Vous vous surprendrez en marge du ciel,
Car jamais mes étoiles vous n'avez pu toucher.

Et je sourie à votre sourire égaré.

je vous annonce aujourd'hui,
Je ne puis vous sauver,
Autant qu'un paon ne peut aider,
L'oiseau à l'aile et au bec déformés.


Leila Alaouf

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