grincement

Leila Alaouf

dimanche 15 avril 2012

Bazar cérébral

2 commentaires :
Je n'aurai jamais pensé pouvoir espérer un jour la souffrance, ou même culpabiliser de ne
pouvoir souffrir avec ceux que j'aime.

Ceux que j'aime sont nombreux,

Il y a ces enfants plus courageux que les grands,
Il y a ces femmes, plus determinées que des troupes de guerriers,
Et il y a ces hommes, plus fiers et forts que les bombes et les chars.

Et nous dans tout cela. Nous, qui n'avons que nos larmes et nos cœurs à offrir. Un petit peu d'argent aussi. Cet argent qui me répugne, ces billets qui font partie de notre salut, malheureusement. Pourquoi l'époque et le monde ne nous permettent-ils pas d'aider par nos cœurs et par la volonté ? On nous radote depuis petit, que le désir et les rêves sont les deux clés de la réussite. Dieu sait combien je désire et je rêve, Dieu sait combien nous crèverions pour voir la terre des ommeyades libre. Donnez-nous-la détruite, donnez-nous-la saccagée, martyrisée, morcelée, cassée, en poussière.. Nous la reconstruirons, nous la rebâtirons, nous la protegerons jalousement. Mais lâchez-la, cédez la corde, partez et ne revenez plus jamais, permettez-nous de vous oublier et ne jamais prier sur vos tombes.

Nous-même dans notre quête, nous privilégions l'argent aux humains, et sans nous en apercevoir, les billets deviennent une obsession.
Donnez à la compassion un répit.
Et pourtant, je me tuerai, tout de suite et sans hésitation, pour avoir les moyens de combler les besoins financiers nécessaire à la liberté.
Que faire si je ne puis moi aussi, marquer de mon sang la terre bénie de mes alleux, et ainsi, mériter d'éffleurer ses sols saints et ses jasmins si chers ? Ne pourrais-je jamais offrir ce que j'ai de plus cher, à ce que je désire le plus ?
Jamais je ne pourrais, dans le fond de leurs yeux, regarder ces héros aux mille courages. Et qui aurait l'audace de se plonger dans les pupilles de celui ou de celle qui a tout sacrifié au nom d'une liberté incertaine ?
Et cette sœur, cette amie, qui tous les jours se fait voler son premier baisé par des lèvres assassines, puants la saleté du cœur. Cette amie, cette sœur, qui par des créatures que je ne saurais appeler humaines, se fait déflorer. Par des formes sombres, sans cœur, sans vue, et sans âme. Ces femmes plus vierges que les vierges, plus pures que les pures.

Comment pourrais-je un jour frôler des terres aussi grandes et aussi majestueuses, moi à qui le destin n'aura pas donner la chance de me déposséder par passion d'une Syrie épanouie.



Leila Alaouf