Leila Alaouf

lundi 2 juillet 2012

Au Quartier Des Expatriés.

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Ca y est nous y sommes,
A la frontière,
Près du mont Qasyoun,
Je brûle d'impatience,
Je brûle toute entière,
Je suis traquée,
Je sais que c'est risqué.


Pourtant, je prend la route,
Celle de mes grands-parents,
Celle des odeurs chocolatées,
Des odeurs de dragées,
Des senteurs de jasmin,
Tout près de la mosquée.
Ils sont derrière moi,
Ils vont me capturer,
J'y perdrai la vie.
Et la mort ne résiste pas à la nostalgie.

L'envie est immense,
Et nous tremblons à l'idée de rentrer,
De retrouver les lieux délaissés,
Ces lieux arrachés.

Pourtant, nos pas nous ont devancé.
Mais aucune joie n'est épurée,
Nous sommes suivis par ces fantômes,
Par ceux qui égorgent et ceux qui tuent,
Nous rentrons chez nous sans permission,
Sans leur permission.

Extase et transe,

Je touche ces sols carrelés,
Je sens l'odeur des escaliers marbrés,
Et même ses cafards me manquent,
Même la poussière décorant les meubles.
Est-il possible de chérir un lieu plus qu'une âme?
Ou ces lieux ont-ils une âme?
Ou peut-être mes souvenirs sont une âme?    
Le soleil m'arrache,
Et mes yeux me dévoilent ce qui n'est pas.
Peut-être est-ce moi,
Qui ne suis que de passage.

De nouveau je me retrouve ici,
Comme une enfant en faute,
Ayant repris un objet confisqué,
Sous l'aile de la crainte,
Je suis là et je profite,
De chaque image que m'offrira ma vue,
Image ou illusion,
Que le sommeil m'apporte par pitié.
Bercée à nouveau par ces murs.

J'allume mon post de télé,
Qui remet les pendules à l'heure.




Leila Alaouf

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