grincement

Leila Alaouf

jeudi 16 août 2012

Comment puis-je nous défendre si..

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Comment puis-je nous défendre si aux barbes s'accompagne parfois la brutalité, si nous ne savons pas communiquer, si nous ne faisons que crier, réagir, menacer ou insulter?

Comment nous défendre si, supérieurement, nous parlons de mécréants, de blancs, d'égarés, sans aucune ombre de pudeur?

Comment prendre notre défense, si nos plus petits apprennent à cracher sur nos plus grands?

Comment prendre notre défense si même entre nous, nous nous excommunions, nous nous maudissons, nous nous cassons, et nous nous blessons, nous nous méprisons, nous jalousons, nous nous envions,  et nous nous  rabaissons?

Comment prendre notre défense, si tout ce que nous disons, toutes ces valeurs que nous brandissons fièrement comme des paons, ne nous servent que de meubles et de décoration?

Comment pourrais-je nous défendre, si même ce voile normalement signe de piété et de soumission au Divin, est aussi sale et noir et hypocrite?

Comment puis-je nous défendre si, comme on classifie les races, on se classifie selon le degré de piété jugé? Mais qui est le pieux et qui ne l'est pas?

Comment puis-je nous défendre raisonnablement si, en effet, un sexisme latent s'est depuis longtemps installé?

Comment voulez-vous que je nous défends sans sourire,  si le porc est haram, et l'alcool, la médisance, le mauvais caractère,  est devenu halal?

Le chemin est encore long pour gagner un semblant de crédibilité.. Mais ne nous arrêtons pas pour autant.

Comme je comprend Cat Stevens (Youssof Islam) quand il a dit "je suis heureux d'avoir connu l'Islam avant d'avoir connu les musulmans"

Pelote

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Il y a des fois où, convaincue que l'instant présent n'a pas de sens, et en étendant l'instant présent à mon existence par mon hyper-émotivité, je me dis qu'il me serait plus facile de n'avoir jamais vu le jour, et je tombe dans un pathétisme puéril et redondant. Je pousse alors plus loin et me met face à mes désirs éphémères.
Aimerais-tu, là, tout de suite, ne plus exister? je réfléchis quelques traîtres instants, et l'idée m’horrifie quelques secondes. Que de paradoxes je suis faite!
Bien, l'idée me révulse forcément parce que mon existence a bel et bien un sens.
Le problème en soi n'est donc pas "si je veux", mais "pourquoi je veux?". Cela permet de border légèrement cette pelote de fil que mon âme traîne comme un fardeau. Toujours habituée à un cadre de raisonnement apprécié, j'ose m'aventurer dans le risque de certaines questions vertigineuses. Si longtemps sûre, je me demande si j'ai le droit de penser ainsi avant toute réflexion, et il est difficile de se libérer de ce "moi" en façade que j'ai déjà abordé.
Avant la phrase précédente, je me suis demandée si elle serait bien perçue, aperçue, puis ai-je fini par l'écrire en me demandant, comment pourrai-je être vue par moi-même, si je ne la formulais pas.
Je l'aurai donc compris, le problème ne provient certainement pas des autres, mais de moi  et moi-même.
En réalité, les autres ne sont qu'une poudre d'ombre négative qui amplifie l'essence du problème, et c'est ici que se positionne l'horreur dans mon intrigue. Mais je m'écarte du sujet, sans doute une ruse de mon inconscient afin d'interrompre intelligemment l'enchaînement de mes idées. C'est vrai, j'ai l'habitude de tout dissocier, ce texte sur ceci, et cet autre texte sur cela, mais en réalité je meure d'envie de tout mélanger, tous les thèmes et toutes les pistes, car tout en moi sait que chaque facette de ce que j'écris résulte d'une sensibilité qui elle même provient d'un vécu. Or, toutes ces sensibilités relèvent d'un seul et même vécu, le mien. Pourquoi ne pas tout mélanger alors?
Je pourrais donc aborder mes obsessions, mes craintes, voir mon mauvais moi.. pourquoi pas?
Non, en toute honnêteté ce qui me hante est le vice humain. Bien sûr, sans vice, il n'y aurait pas besoin d'humanité, sinon tout irait bien. Cela me rassure de raisonner ainsi, pour le moins.