grincement

Leila Alaouf

mardi 27 novembre 2012

Norias

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Rien ne s'est passé à Hama,
Il y a trente de cela.

Ni l'Homme n'a été sequestré,
Ni même l'Histoire n'a été rayée
Ni du haut des minarets,
Les appels à la prière n'ont été éffacés.

Jamais dans cette ville,
N'ont déambulé les fantômes de ses habitants,
Ni les cris n'ont retenti entre ses murs blancs.
Jamais cette ville n'est devenue une île,
Flottant dans son sang,
Coupée de compassion et d'humains sentiments.

De quelles Norias me parlez-vous?
Existent-elles vraiment?
Et  tout cela n'est-il donc pas que fiction?

Peut-être ne s'agit-il que d'un sombre rêve?
Peut-être que demain,
Toutes ces plaies hémoragiques ne seront plus,
Peut-être que ces enfants, demain,
Cesserons d'être orphelins?
Peut-être que bientôt,
Les morts et les carcasses redeviendront humains.
Oui, peut-être!
Peut-être que tout cela, vraiment,
Est sans aucune malveillance,
Peut-être le monde n'est-il qu'aveugle?
Peut-être que ce monde
-sans aucune malveillance-
Souffre d'un handicape dont il  n'est responsable?

Peut-être ai-je acquis la conviction,
Que je lui cracherai indéfiniment dessus.

dimanche 4 novembre 2012

Brise

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Une lointaine fin de décembre à Damas,
Et un vent glacial.
Les détonnements qui annoncent l'eid, et la larme de ma mère
Qui depuis vingt ans, ne les avait pas entendu.
Les souks à craquer,
Les gens achètant les vêtements neufs.
Les infinies files d'attentes chez les traîteurs et les pâtissiers.
Les gâteaux de miel,
Semiramis,
Les beignets au sucre.
Le vieux souk Hamidiyeh envahit d'une foule se pressant vers les épices,
Vers les sucreries,
Vers les tissus.

j'aurai pu inspirer une bouffée d'air parfumée au Jasmin,
A nouveau.
J'aurai pu redécouvrir ces impasses,
comme une première fois,
et jubiler sous l'odeur florale qui marque mon arivée en ces lieux,
Regarder ces infinis points de lumières verts qui décorent la capitale,
Déguster un sirop de mûres damascènes,
Sur le balcon,
et lire quelques pages de Coran
Tôt le matin,
Alors que le vent n'est pas encore trop chaud.

Mais, voilà que depuis mille ans,
L'air à Damas est brûlant,
Est glaciale
Il ne caresse plus,
Le vent fracasse.
Il traîne avec lui l'odeur du crime,
Le vent sent la rouille.