grincement

Leila Alaouf

vendredi 28 décembre 2012

Petite foule

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Comme on se retrouve,
Mots abandonnés.
Trop longtemps errants entre les noirceurs de mon esprit,
Je vous inflige aujourd'hui l'existance.

Jetés,
Vous êtes à présent réels.

Il est vrai que j'éxerce sur vous maintes tortures,
Il est vrai que parfois, sur vous je met un voile.

Pardonnez moi pour si peu d'égards,
Mais il est plus facile de vous gardez,
Que de vous cracher,
N'est-ce pas là une part de trahison?

Je me vide de mon âme à vous garder,
Je me vide d'âme à vous cultiver,
Intérieurement.
Ces mots cachés s'avèrent être,
Nuisance et sombreur,
Insectes rongeurs,
Toute cette foule est insupportable.


Des lettres sur page blanche me fuient.
Sûrement le temps me fera perdre l'éclat,
Mais jamais de ces mots,
Il ne retirera la vie.

Demain,
Qu'aurai-je à perdre ou à gagner?
Que deviendra ma peau ridée,
Mon corps déformé,
Mes yeux ternes?
Rien.


seules ces petites foules capricieuses resteront,
Jeunes et inchangées.

Je vous donne alors vie sans contre partie,
Sortez de mes entrailles et soyez là,
Allégez-moi et assouvissez le besoin du papier.




Leila Al-Aouf

mardi 18 décembre 2012

A ta santé, je boirai

2 commentaires :
Toi ma belle en qui dort un parfum sacrilège
J'aurai un jour le temps de humer,
Chaque partie qui te compose,
Entre quelques fleurs et quelques pavés aussi,
J'aurai un jour le soin de te garder,
De te protéger de tout regard jaloux,

Toi ma belle, il te suffit que tu sois pour que moi je sois,
Toi ma belle, tu ne te rends pas compte,
Tu ne sais pas,
Tu ne vois pas l'enfer de ton abscence,
Egoiste que tu es,
Jamais tu ne viendras à moi,
De toi, de douceur..
Tu me demandes tout,


Mais que te faut-il,
De plus?
De moins?

Et chacune des pierres qui garnissent ces terres,
Je les ai tâché,
Et j'ai offert aux sombreurs de la terre,
Mon fils,
Mon amant et mon mari,

Que te faut-il,
De plus?
De moins?

J'ai accepté de sortir pour toi,
Ce que jamais je n'aurai fait pour homme,
J'ai crié et j'en ai perdu ma voix.
Comme une mère berce son fils,
Je t'ai bercé entre mes bras,
Et toi ingrate,
Tu ne me réponds pas,

Que te faut-il,
De moi?
De nous?

Ma foi, je l'ai cultivé pour toi,
Je me dévoue à toi,

Que te faut-il,
De plus?
De moins?

Tu me veux toute entière,
Ou tu ne veux rien,
Et je te comprend,
Car je suis femme,
Je comprend tes jeux de séduction,
Tes faux airs indifférents,
Ton orgueil,
Ainsi que ta valeur.

Tu n'appartiens à personne,
Tout le monde t'appartient,

Ma belle capricieuse,
J'aurai le temps de boire à ta santé.