grincement

Leila Alaouf

dimanche 24 février 2013

Apatride

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Apatride,
Tel est mon nom.
Coeur vide,
Empli de souvenirs,
Sans attaches.

Apatride tel est mon nom,
Sans lumière de fond,
Sans base,
Sans projection,
Apatride est mon coeur,
Apatride,
Mon âme,
Mon esprit,
Ma foi.

Sans horizon ni corde à rattraper,
Sans bout de tissus pour essuyer,
Certaines des larmes clandestines.
Tout comme fables et contes,
Sans forêts qui me choient,
Intimement.
Sans mer pour me dire,
"Tu es chez toi"

Apatride dans un monde,
Plein de frontières,
Plein de drapeaux,
Plein d'armées,
Et d'hymnes nationaux.

Apatride sans refuges loyaux,
Rien qui ne soit recousu,
Rassemblé et assemblé,
Sans couverture originelle,
Sans pensées universelles.
Apatride.


Leila Alaouf

jeudi 21 février 2013

Amour et trahison

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"Ca n'en vaut pas la peine,
Le vent qui soufle n'est pas assez cher,
Tu regretteras,
De te donner entièrement à ses pensées.
La saleté envahit les ruelles dévastées,
La corruption étouffe les coeurs",
Parle t-on.

Cela n'en vaut pas la moindre peine,
Mais je crois avec raison,
Que la distance,
L'abscence,
Le désir,
L'envie,
Le manque,
N'ont que faire de la beauté réelle,
De la saleté des rues,
Du policier criant,
Sur les petits commerçants,
Des bruits des klaxons rythmant
Les journées et les nuits.
Des fumées noires qui décorent la ville,
Des sacs plastiques enrobant,
Le feuillage des poivriers.

A quoi bon?

Le manque me prend,
Le désir qui drogue,
L'amertume qui me soumet,
Je me contre fiche de la pollution,
Des taxis jaunes délabrés,
Des hommes scrutant chaque parcelle,
Des corps de ces femmes des microbus.

Je l'oublie.

Pourquoi s'en rappeler?
Le mal ne s'en dissiperait pas,
Non, ce mal merveilleux est tatoué.
La brise du matin et le soleil brûlant,
Cet air chaud qui passe sur mes joues,
C'est la descente de l'avion,
Et l'étreinte du pays,
Les rebords des trottoirs,
Noirs et blancs,
Alternativement.

Les chiens qui aboient au loin,
Le mont qui me saluent,
Tôt le matin à travers la veranda,
L'odeur florale des quartiers,
Si accueillante,
Si enchantée.

Tout ce qui me manque est beau,
La laideur et l'ombre aussi,
Tout ce qui est loin me manque,
La crasse des quartiers,
Et les forêts de Lattaquié,
Les cafards des escaliers,
Et les mûres fraichement pressées.

Je t'aime dans ta desctruction,
Je t'aime dans ta désolation,
Je t'aime dans ta misère,
Je t'aime belle et soignée,
Je t'aime souriante,
Même malade,
Je t'aime.

Tout est bon à prendre,
Tout mérite d'être choyé,
En amour,
Rien n'est délaissé.



Leila Alaouf


jeudi 14 février 2013

A l'ombre de l'Homme et de la Femme

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C'est cette partie humaine que je ne comprend pas, qui ne se manifeste pas.
Si je n'arrive pas à distinguer l'humain d'entre l'homme et la femme, c'est qu'il ne se manifeste pas, qu'il ne veut pas s'exprimer.
A t-on le droit de parler?
Oui, mais pour dire quoi?
Ressentir seulement suffit-il?
Nous a t-on donné les sentiments en échange des mots qu'on nous a confisquées?
Oui, nous sommes sentimentales, pas assez dans la concrétisation des actes et des paroles, nous dit-on. 
Mais nous savons détester, hair, aimer, juger, présentir, donner, envier, jalouser, jusqu'aux os, avec sincérité.
Ce qui se ressent, est un chemin de ruban qui me traverse, je ne peux pas le partager, je n'y arrive pas.
J'ai l'orgueil, comme tout le monde, de croire en des sentiments exclusifs, et je ne préfère pas croire que je suis en fait banale, stricitement normale.
Des questionnement existentiels.
Ils me prennent de temps à autre, quand je n'ai plus ce qui me nourri en fierté et en orgueil; les gens.
J'essaie de cultiver autre chose, de trenscendant à ce que je suis, un raisonnement sans inconscient, sans conscient, sans subjectivité, mais il s'effrite et s'envole, devant moi et entre mes mains, il me provoque.
Si je partais, tout de suite, que resterait-il de moi à part mon image?
Rien.
Il ne resterait rien, et c'est là où tout s'arrete. L'immortalité ne s'inscrit pas dans mon image.


samedi 9 février 2013

Sais

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C'est une corde fébrile,
Un lien fragile et trompeur.
Rien ne peut pieger le vent,
Ni même le ficeler et lui dire,
"Tu m'appartiens".

C'est une feuille qui maintes fois,
Est tombée et s'est jaunie l'automne,
Et décide alors d'étreindre à jamais
La branche de l'arbre enraciné.

C'est,
Un chemin perdu,
Une étoile le jour,
Une mer asséchée,
Un cœur monotone,
Un sourire habitué,
Une attention désintéressée,
Un flot de routines.

Ce sont des mots,
Sans sens que l'on lâche,
Des promesses enjouées,
Des sourires incertains,
Derrière des peurs ancrées.


L.A