Leila Alaouf

jeudi 21 février 2013

Amour et trahison

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"Ca n'en vaut pas la peine,
Le vent qui soufle n'est pas assez cher,
Tu regretteras,
De te donner entièrement à ses pensées.
La saleté envahit les ruelles dévastées,
La corruption étouffe les coeurs",
Parle t-on.

Cela n'en vaut pas la moindre peine,
Mais je crois avec raison,
Que la distance,
L'abscence,
Le désir,
L'envie,
Le manque,
N'ont que faire de la beauté réelle,
De la saleté des rues,
Du policier criant,
Sur les petits commerçants,
Des bruits des klaxons rythmant
Les journées et les nuits.
Des fumées noires qui décorent la ville,
Des sacs plastiques enrobant,
Le feuillage des poivriers.

A quoi bon?

Le manque me prend,
Le désir qui drogue,
L'amertume qui me soumet,
Je me contre fiche de la pollution,
Des taxis jaunes délabrés,
Des hommes scrutant chaque parcelle,
Des corps de ces femmes des microbus.

Je l'oublie.

Pourquoi s'en rappeler?
Le mal ne s'en dissiperait pas,
Non, ce mal merveilleux est tatoué.
La brise du matin et le soleil brûlant,
Cet air chaud qui passe sur mes joues,
C'est la descente de l'avion,
Et l'étreinte du pays,
Les rebords des trottoirs,
Noirs et blancs,
Alternativement.

Les chiens qui aboient au loin,
Le mont qui me saluent,
Tôt le matin à travers la veranda,
L'odeur florale des quartiers,
Si accueillante,
Si enchantée.

Tout ce qui me manque est beau,
La laideur et l'ombre aussi,
Tout ce qui est loin me manque,
La crasse des quartiers,
Et les forêts de Lattaquié,
Les cafards des escaliers,
Et les mûres fraichement pressées.

Je t'aime dans ta desctruction,
Je t'aime dans ta désolation,
Je t'aime dans ta misère,
Je t'aime belle et soignée,
Je t'aime souriante,
Même malade,
Je t'aime.

Tout est bon à prendre,
Tout mérite d'être choyé,
En amour,
Rien n'est délaissé.



Leila Alaouf


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