grincement

Leila Alaouf

dimanche 11 août 2013

parallèle

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J'ai levé mes yeux vers ces explosions de couleurs énergiques. A jeddah tout le monde pose son regard sur ces pluies de feux marquant la fin de la fête de l'Eid. Dans la nuit et durant quelques minutes, tous sommes rivés vers ces goutes colorées dans le ciel humide et chaud. Sans m'y attendre, je me projette dans ce qui, qui sait, sera demain. Des étincelles de couleurs, peut-être étoiles, peut-être artifices, ou imaginaire, un quatorze juiller Syrien, des larmes et les exclamations admiratives des enfants. Des vieux et des jeunes fatigués regardant ce tableau, affirmation d'une fin et d'un début, qui seul Dieu sait, sera sans plus d'espoir, mais non sans moins. Rien n'est chaleureux ici, et voilà qu'on se retrouve obligé de s'enfermer dans des cages en or, des déserts pleins de sables et d'oasis invententés sans goût ni sentiments. Les gens ne sourient pas comme à Damas, comme je les plains. Mêmes les enfants, ici, ont quelque chose de vulgaire, de faux. Ils sont pris malgré eux dans un tourbillon d'or jaune et noir. Je lamente ce désert mais Damas ne m'ouvre plus ces bras. J'ai imaginé, les yeux embués ou peut-être était-ce le vent humide d'une péninsule arabe en miette, les ciels peints et les acclamations joyeuses ou tristes. J'ai visionné dans un coin de mon esprit, un départ et la télévision locale annonçant un nouveau chapitre.