grincement

Leila Alaouf

jeudi 10 octobre 2013

Les orbites de la rue

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Femme dans la rue,1914- Agust Macke
    La rue, ce lieu où l’espace semble manquer. Il n’y a pas de place pour les vagabondages inconscients, l’innocence n’existe pas dans ce lieu de tous les regards. Les gens qui accélèrent leurs rythmes au fur des heures qui les attendent. Mais nous, dans cette grande ville, sommes espionnées par des yeux qui nous renvoient à notre place, celle qui n’est pas entre les grands bâtiments, entre l'air, le vent, les voitures agitées, les transports blindés. Je suis, comme dans un bétail, repérée par ma carrure, par ce voile qui aux regards de ces bêtes sans laisses, n’est rien d’autre que la preuve fulgurante de mon appartenance à leur autorité imaginaire.
Des orbites qui descendent le long de mon corps et de celui des autres, des sourires à demi voilés qui nous déshabillent, ces frôlements violents, ses paroles qui, comme une toile d’araignée, accrochent et prennent au piège, ce piège de l’insécurité. Ces mots et sifflements impertinents me disent en silence « ta place est entre quatre murs ». Nos ombres les gênent, que dirent de notre présence? Dans un monde où ils ne possèdent rien, penser posséder l’autre est un réconfort, n’est-il pas ?
L.A