Leila Alaouf

vendredi 4 juillet 2014

Chemin dépeuplé

1 commentaire :


Le long d'un chemin dépeuplé,
Un vent s'ouvre,
A moi les effluves,
Par une brise délicate,
Le parfum d'une main,
Invisible,
Guidant les pas vers un temple
De paix.

D'un chemin humide,
Jaillit en éclat,
L'obscure recouvrance,
« Ne pars pas ainsi »,
Gémit la voix.

Une fraîcheur se pointe,
Et le silence,
Sans mystères,
Plus aucun,
Réenchante de surcroît.

Ce n'est pas comme ça,
La vie.
La vie c'est tout.

Le long d'un chemin,
Qui ne me connaissait pas,
Le contemplatif interroge,
Le mystique :
« N'étais-tu pas là tant de fois ? »
Sous l’œil attentif d'un souffle,
S'enserre une foison de matières,
Le profane et la lumière.

Il galope,
Ce vent,
Et ressuscite,
Avec l'opacité du soir,
Des songes qui,
Ne me connaissaient plus,
Du fond d'un miroir.

La brise, le divin,
L'insaisissable, l'occulte,
L'impénétrable, le palpable,
Se cache,
Et se dévoile.


L.A

1 commentaire :

  1. Pour une personne qui a le sens de l'inconventionnel, arpenter les chemins pernicieux et sinueux est toujours un pèlerinage glorieux. N'y a-t-il donc un chemin qui ne lui ressemble guère ? Sinon ceux là :
    - celui qui la ramène dans la cohorte des gens de la Caverne
    - celui qui la mène vers l’annihilation totale
    - celui infertile aboutissant au néant
    Mais voilà qu’apparaît la main salvatrice et bienveillante. Elle est là pour barricader et bien plus, elle éconduit des chemins de dérive.

    Pourquoi ce dialogue bancal entre la matière et l'esprit ? Doute-t-elle quand l'esprit lui commande ?
    Et cette question "N'étais-tu pas là tant de fois ?", n'est-elle pas prosaïque si on sait que sur ce chemin dépeuplé, voilà pour la première fois que l'esprit y rencontre la matière : "Le long d'un chemin qui ne me connaissait pas" ?
    Mais peut-être que ce fut un chemin oublié qui dû être débroussaillé. Le vend fécond ressuscite toujours ce qui s'endort en nous : notre reflet qu'on ignore ou que l'on noie de mal gré ou même à dessein.

    Quant à l'insaisissable, il n'est pas versatile et capricieux comme on serait tenté de le croire. L'insaisissable se manifeste à la guise de notre moi. Ce sont les émanations de nos mondes intérieurs qui provoquent notre transcendance et donc ses manifestations. Si nous arrivions donc à saisir nos émois et surtout à les régenter, nous serions capables de régner sur le monde des mystères, convoquant et congédiant l'invisible à notre bon vouloir.

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