grincement

Leila Alaouf

jeudi 11 septembre 2014

Arrêt sur image

2 commentaires :

J'aimerais une fois -l'occasion ne se présente que peu- lancer un mandat d'arrêt au temps qui cavale et nous fait oublier l'abysse du décompte, les jours sont comptés. J'aimerais parler de sentiments sans que l'on ne pointe l'infirmité.
C'est le jour qui laisse place à la nuit et la nuit qui s'en va et toujours le jour vidé de son sens délaisse les profondeurs de la substance.
Plongés dans l'abysse en pensant ranimer les lumières. Nous sommes. C'est un suicide de masse, où se mêlent l'assentiment aveuglé et l'ignorance canonisée. Si la rédemption existe, ô si la rédemption existe, qu'elle nous prenne tous entre ses bras, qu'elle nous étreigne et nous soulève. 
Je désire ce lieu où se rencontrent le cœur et la raison, je désire ce lieu où la dualité ne serait pas antinomique, où l'innocence serait valeureuse, où les larmes n'auraient jamais à être absoutes ou jamais elles ne se mureraient dans la transparence de leur matière.
J'aimerais parler de beauté sans artifices, sans ficelles, sans vices, parler de Dieu et de rationalité, car je ne connais meilleure logique que celle cautionnée par un cœur libéré.
Oui je voudrais que ce temps moderne qui cavale s'ébranle et ralentisse, qu'il nous laisse voir tout ce qui a filtré d'entre nos doigts tandis que nos regards hébétés et mécaniques jouaient au plus défaillant.
Je souhaiterais que les poitrines s'ouvrent, sans appréhension aucune, qu'elles défient les esprits les plus avisés, qu'elles empiètent sur tout ce qui nous a construit une conviction, une certitude, une opinion.