Leila Alaouf

jeudi 11 septembre 2014

Arrêt sur image

2 commentaires :

J'aimerais une fois -l'occasion ne se présente que peu- lancer un mandat d'arrêt au temps qui cavale et nous fait oublier l'abysse du décompte, les jours sont comptés. J'aimerais parler de sentiments sans que l'on ne pointe l'infirmité.
C'est le jour qui laisse place à la nuit et la nuit qui s'en va et toujours le jour vidé de son sens délaisse les profondeurs de la substance.
Plongés dans l'abysse en pensant ranimer les lumières. Nous sommes. C'est un suicide de masse, où se mêlent l'assentiment aveuglé et l'ignorance canonisée. Si la rédemption existe, ô si la rédemption existe, qu'elle nous prenne tous entre ses bras, qu'elle nous étreigne et nous soulève. 
Je désire ce lieu où se rencontrent le cœur et la raison, je désire ce lieu où la dualité ne serait pas antinomique, où l'innocence serait valeureuse, où les larmes n'auraient jamais à être absoutes ou jamais elles ne se mureraient dans la transparence de leur matière.
J'aimerais parler de beauté sans artifices, sans ficelles, sans vices, parler de Dieu et de rationalité, car je ne connais meilleure logique que celle cautionnée par un cœur libéré.
Oui je voudrais que ce temps moderne qui cavale s'ébranle et ralentisse, qu'il nous laisse voir tout ce qui a filtré d'entre nos doigts tandis que nos regards hébétés et mécaniques jouaient au plus défaillant.
Je souhaiterais que les poitrines s'ouvrent, sans appréhension aucune, qu'elles défient les esprits les plus avisés, qu'elles empiètent sur tout ce qui nous a construit une conviction, une certitude, une opinion.


2 commentaires :

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Cette image, je l'aurais peinte avec la même finesse substantielle et décorative. Elle présente le même décor lugubre mais exaltant que je pénétrai pour aller chercher le poisson abyssal. Il n'y a que la prestance qui souffre quelque peu d'une certaine absence.

    Quant à cette fastueuse plainte qui sonne tel un air de bravade, je l'entends et l'accepte. Mais, mais...la dualité que tu clames est pourtant intrinsèquement inhérente à l'Insân. Dieu a créé l'Insân avec des contradictions qui lui dotent, tant qu'elles persistent, d'une volonté inaliénable. Cette volonté fait de lui un être de conscience de ses choix et jouissant d'un mérite sur ses choix. Mais les effets de la raison et ceux de la foi dans ces choix ne sont pas alternatifs mais cumulatifs, itinérant dans un processus. D'ailleurs, certains ascètes, comme Ibn Ata Allahi As-Sakandari dans son dixième sagesse, considèrent l'âme, l'esprit et le coeur comme une seule et même entité. Sa versatilité à travers ces différentes émanations n'étant que des réverbérations de nos états.

    Donc, que ce soit dans l'ignorance canonisée ou l'esprit le plus avisé, étant des êtres humains, nos convictions sont toujours l'aboutissement d'un méticuleux processus de distillation. Par le "Aql", nous les analysons et sculptons, notre "Nafs" les approuve, elles affectent et régentent notre "Qalb" et finissent par être source de sérénité ou de supplice pour notre "Rouh". Et la résultante de toute nos convictions est imprégnée dans notre "Sirr", de sorte qu'au moment où elle rejoint son Seigneur, il en fera ce qu'elle mérite par sa Justice ou sa Miséricorde. Voilà à quoi sont destinées notre intelligence, nos passions, nos émotions et nos dévotions.

    Le manichéisme qui consacre une dichotomie entre l'esprit et le coeur n'est qu'une méprise bien fruste. Je conçois que telle n'est pas ta vision, voyant que tu prônes plutôt un équilibre, une harmonie. Hélas, les êtres humains l'ont bradé, et à vil prix.

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