Leila Alaouf

mercredi 2 novembre 2016

Derrière la tentation féminine, le tenté incontrôlé.

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"Mais même une poignée de mains, tu ne sais pas ce que ça peut déclencher dans la tête d'un homme!"

Voilà la courte interaction que j'ai pu avoir avec une connaissance. Une femme. C'est son choix, et je n'ai rien à en redire. Ceci étant dit,  après cet échange, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une longue réflexion avec moi-même sur la lamentable représentation qu'avait cette femme des hommes, mais plus généralement, qu'avait toutes ces constructions de la masculinité lissée. Il est frappant de voir à quel point le féminin est au centre des questions de genre, que les démarches de recherches ne s'accrochent exclusivement qu'à la condition des femmes, lorsqu'il est question de l'interaction des deux dans une même société. Que si l'un se construit, l'autre se bâtit en opposition. Que par conséquent, déconstruire l'un ne se fait pas sans déconstruire l'autre. Cela ne revient pas à détruire l'altérité, qui est par ailleurs existentielle et inhérente à notre humanité.  Il s'agit plutôt de défaire l'étau strangulant qui nous limite et nous restreint, précisément, dans notre humanité, dans notre pluralité et notre singularité. Alors à chaque fois qu'un homme me dit qu'il ne sent pas concerné par ces questions, je manque d'étouffer. 

"Le féminisme ça ne concerne que les femmes", c'est chose connue, nous sommes les seules à pâtir des rôles restrictifs. Of course. Je me souviens de ces nombreuses polémiques qui ont surgi et continueront sans doute de surgir, une fois le moment politiquement opportun, autour du refus des hommes de confession musulmane de serrer les mains des femmes. 

"Mais monsieur, ma question est simple, est-ce que vous serrez la main des femmes?! Parce que dans notre pays, en France, on respecte les femmes, on leur serre la main!"

Ce que ces grands étalons du féminisme politique ont loupé dans ces affaires -et c'est une féministe qui vous le dit- c'est la dépréciation des hommes, par les hommes. Evidemment, je ne passerai pas les prochaines lignes à parler du frôlement particulièrement érotique de deux paumes prêtent à se prendre farouchement l'une contre l'autre. Au-delà de l'image biblique du féminin tentateur et faisant basculer l'humanité du paradis à la condition terrestre, c'est le tenté lui-même dont on ne parle jamais, et qui, pour une fois (si, si, je vous jure), m'intéresse. C'est l'image délirante que l'on a construit autour du masculin, de sa virilité incontrôlée, incontrôlable. Quand un homme accepte lui-même de se mettre dans la peau d'un monstre effarouché qui ne perçoit, même dans une ombre ou une silhouette féminine, que le vagin auquel elle renvoie. Ce prédateur insatiable désirant à satiété et que les littératures, le cinéma, la télévision n'ont cessé de rendre naturel et universel, à tel point que chaque homme ait finit par intégrer qu'il est un violeur potentiel. Et que cette potentialité ne devienne une réalité. 

Parfois je me demande si ce n'est pas trop épuisant de jouer constamment au "Plus... (rajoutez les qualificatifs et adjectifs que vous souhaitez)" . Entre les torses bombés d'Alerte à malibu et la puissance supposée du désir masculin qui se traduirait par une extrême fragilité (faiblesse) de l'esprit, prêt à sauter sur tout ce qui bouge, heureusement que les règles ultra restrictives sont là pour les dompter, ces pauvres démons du sexe. 

Leila.A

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